Entrainement à Ependes

Originaire de Montaigut-le-Blanc, je partage ici mes expériences médiévales.

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Je me suis rendu en Suisse ce weekend avec Julien, le capitaine des Bannerets d’Auvergne, l’équipe de béhourd que j’intègre cette année : un entraînement ouvert était proposé par l’équipe nationale Suisse, à Ependes (près de Fribourg). Pour les organisateurs, l’objectif était de faire découvrir ce sport à quelques nouveaux. Belle occasion pour moi d’affronter des adversaires de mon niveau.

Un grand merci à tous les combattants auvergnats qui n’étaient pas disponibles (ou sur-équipés) et à qui j’ai donc pu emprunter des bouts d’armure : Mathieu, Rémi, Julien…

Ainsi, après un pause à Lausanne pour passer la nuit, l’arrivée à Ependes s’est faite sur le petit matin de dimanche. L’entraînement se déroule dans le manège d’un centre équestre dans lequel travaille un des combattants suisses. En attendant que tout le monde arrive, j’essaye mon sac de sport, acheté la veille dans un magasin de hockey à Genève : tout tient ! Même les armes trouvent leur place : épée, fauchon et hache à la place des crosses. Pas du tout historique, mais … classe.

Petit à petit les autres combattants arrivent. Ça parle français, allemand, italien … et même polonais ! L’anglais devient la norme.

Un vestiaire s’improvise dans un coin du manège et c’est parti pour le long et fastidieux temps de l’équipement. Il y a peu de civils présents, alors chacun aide son voisin à accrocher ses pièces d’armures.

 

Les combats de béhourd en 5 contre 5

Au bout de trois quarts d’heure, les premiers combattants sont prêts pour faire un 5 vs 5. Comme tout au long de l’après-midi, ce sera France contre Suisse.

L’équipe française est composée des deux clermontois et des combattants de l’équipe Aquila Sequania (qui a terminé le tournoi de Murol à la deuxième place en août dernier). Julien, le capitaine des Bannerets d’Auvergne, est en bleu : il porte le maillot de l’équipe de France pour laquelle il a combattu aux championnats du monde 2014. Pour ma part, je porte pour la première fois le tabard de l’équipe auvergnate : bleu à croix rouge.

 

Un peu de stress, quand même, ce sera pour moi la première fois que je porte une armure complète et que je me retrouve en lice dans un 5 contre 5 !

L’objectif du 5 vs 5 est de faire tomber tous les adversaires. A partir du moment où élément du corps autre que le pied touche terre, le combattant est considéré comme « mort » et doit rester à terre sans prendre part au combat qui continue. Si un combattant d’une équipe se retrouve seul en lice face à 3 ou plus adversaire, le combat s’arrête. Les points sont comptés en fonction du nombre de combattant restés debout. Un match se joue en 2 manches gagnantes. Mais aujourd’hui, c’est pour le plaisir, les points ne sont pas comptés.
Tous les coups sont permis, avec les armes, les boucliers, au pied, au point, avec la tête ou les genoux…  mais ils ne doivent pas être portés à la nuque, sur le genoux ou à l’entre jambe. Les estocs sont aussi interdit.

Côté armes, la liste peut être longue… Mais on retrouve souvent la masse à ailette, le fauchon, la hache à une ou deux mains et les armes d’hast, avec notamment les vouges. Un combattant ne peut pas combattre s’il a perdu son arme. Il doit alors aller en chercher une en dehors de la lice.

Voilà, côté règle, c’est à peu près tout. Les arbitres sont munis d’un bâton avec un petit drapeau au bout qu’ils avancent devant les yeux des combattants pour leur signifier la fin du combat. Faut dire qu’on entend pas grand chose dans le casque !

Une partie des français avant le premier assaut :

Premier assaut :

Bon, le premier assaut n’est pas glorieux : alors que je cherche à engager le combat avec un Suisse, je vois un autre adversaire qui vient vers moi… et je m’enfuis courageusement ! Heureusement qu’un coéquipier d’Aquila est venu à ma rescousse. Fin de la manche : 4-1 (4 Français debout, 1 Suisse rescapé).

Deuxième assaut :

Tout au fond, je retrouve mon adversaire de la première manche ! Combat de coq : les coups manquent leur cible, nous avons du mal à nous attraper… Ça ressemble plus à une danse qu’à un combat ! Mais bon, finalement tous les Suisses tombent et ce sont les deux clermontois qui restent debout ! Fin de la manche : 2-0.

Troisième assaut :

Tout aussi courageusement, je garde ma stratégie d’évitement qui fonctionne assez bien… Engageant un adversaire en bord de lice, j’évite de me retrouver au milieu d’une mêlée et de me prendre des coups de tous les côtés ! Oui, maintenant j’ai honte, mais bon sur le moment je trouvais ça plutôt censé.

Quatrième assaut :

Manqué, cette fois-ci je me retrouve au milieu de l’équipe ! Pire : face à un adversaire armé d’un fauchon à deux mains, et en plus protégé un autre combattant ! Heureusement, je suis moi aussi suivi par un coéquipier armé d’une vouge.
Après le duel terminé par désarmement de l’adversaire, je ne sais plus trop quoi faire : devant moi ça se combat gentiment sans que je ne trouve un entrée possible… Mais ces quelques secondes d’hésitations me seront fatales. Pourtant on m’avait bien dit que toujours bouger, regarder à droite, à gauche ! Je tourne la tête une demi-seconde et je vois un adversaire me foncer dessus à tout allure : le temps de comprendre et me voilà envoyé à terre.

 

Et les manches se suivent ainsi. Je me fais remplacer, déjà épuisé. La respiration est très difficile dans le casque qui n’a pas beaucoup d’ouverture, et il fait extrêmement chaud sous le gambison. Ça n’a rien à voir avec les vêtements modernes et respirant qu’on trouve à Décathlon !

Sur la lice, ça continue…

Julien aime sa hache et aime partager sa passion avec les adversaires :
(deux vidéos Facebook : cliquez sur l’image pour les lancer)

Et les amateurs de vouge se font bien plaisir, pour l’égal plaisir des spectateurs !

 

Premier duel en 1 contre 1 à l’épée bouclier

Les 5 vs 5, c’était sympa : j’avais avec moi des combattants aguerris, et nous nous battions contre des débutants. Mais ce n’est pas forcement ce vers quoi je veux me diriger. Ce qui m’attire dans le combat médiéval c’est surtout le 1 contre 1, en pro-fight ou à la touche : plus physique, plus technique, mais au final moins violent.

Justement un Suisse est partant pour un combat à la touche. Le principe est simple : en deux manches de 2 minutes chacune, on compte le nombre de touches portées avec l’épée dans la « kill zone » (c’est à dire les endroits autorisés par le règlement).

Notez le bouclier (tout neuf !) prêté par un Suisse Jurassien. Mon adversaire est Emil Bestia, pratiquant depuis 2009 et membre de l’équipe Suisse de béhourd. Pas un débutant donc…

 

Et c’est parti ! Première manche, premier assaut :

Bon, cette première partie fut une bonne occasion d’apprendre deux / trois choses… comme le salut avant le combat ! Je me suis retrouvé tout bête à ne pas savoir comment répondre à mon adversaire.

Première manche toujours, deuxième assaut :

Le salut : c’est bon, j’ai compris. Par contre, niveau technique, ce n’est pas ça. Emil tient bien sa garde, il y a peu d’espace à viser… Mon geste est bien trop lent pour feinter ! C’est que l’armure sur le bras plus le poids de l’épée d’un côté et du bouclier de l’autre se font douloureusement sentir. La pause est la bienvenue.

Score : 18 touches à 8 en faveur d’Emil.

 

Après une minute de pause, la deuxième manche débute :

Quelques forces sont revenues, mais repartent rapidement. La respiration est très difficile sous le casque… Il fait très chaud et je combats en quasi-asphyxie. Heureusement, pour moi, mon adversaire commence à flancher physiquement lui-aussi. Mais la domination reste nette : une petite poussée suffit à me faire tomber !

Même assaut, autre perspective :

Le second assaut de cette deuxième manche est très difficile : j’ai l’impression que mon bouclier ne veut plus se soulever, que l’épée n’a plus de force… ou alors ce sont mes bras et mes épaules qui abandonnent, à voir. Chaque court moment où l’adversaire n’est pas à portée d’épée est une bonne occasion de relâcher les bras.

Mais ô dénouement inespéré, c’est Emil qui craque en premier : il abandonne ! Apparemment un problème d’équipement, son gantelet pose soucis.

 

En tout cas, je suis hyper content de cette première expérience. Faudra sacrément bosser le physique, pour tenir le temps du combat, mais c’est extrêmement grisant de pratiquer ainsi l’escrime médiévale !

 

L’après-midi touche à sa fin, tout le monde est très content de ces quelques heures de combat. Il faut maintenant se déséquiper et reprendre la route, mais avant une petite photo de groupe :

 

De retour à Montaigut-le-Blanc, je compte mes bleus. Pas tant que ça finalement, juste deux au niveau du haut de la cuisse et de la fesse, zones qui ne sont pas particulièrement protégées. Mais par contre, des courbatures ! Oulala ça faisait longtemps que je n’en avait pas ressenti d’aussi fortes : les jambes ont bien tenu, mais tout le haut du corps est endolori. Les bras, les épaules, le cou, le dos, les abdos latéraux. Aïe.

 

Maintenant, l’objectif est de choisir mes éléments d’armures et de les commander. C’est à chaque fois du sur-mesure, donc les délais peuvent être longs… et les tournois vont vite arriver au printemps. A suivre donc.

Sieur Guillaume

Sieur Guillaume

Originaire de Montaigut-le-Blanc, je partage ici mes expériences médiévales.
Sieur Guillaume

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