Originaire de Montaigut-le-Blanc, je partage ici mes expériences médiévales.

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Qu’est-ce donc que cette pratique « épée douce », aussi appelée « escrime moderne » ? Le nom n’est pas très parlant, mais pourtant c’est du 100 % fun, et dirigé en particulier vers les enfants et adolescents.
Ça arrive en France et c’est promis à un beau succès dans les années futures.

Depuis 4 ou 5 ans maintenant, la pratique du béhourd s’est implantée en France. Remis au goût du jour par les pays de l’Europe de l’Est il y a une dizaine d’année, le combat sportif en armure médiévale se développe : notre pays compte actuellement plus de 200 combattants licenciés à la Fédération Française de Béhourd et envoie chaque année une équipe de France aux deux grandes compétitions internationales organisées par les fédérations HMB et IMCF.

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Mais ce sport est exclusivement réservé aux personnes majeures, hommes et femmes. Le port de l’armure nécessite que le corps du combattant soit suffisamment mature pour ne pas souffrir des quelques trente kilo de protections à trimballer !

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Pourtant, comme dans tout sport, deux objectifs sont recherché :
1. assurer le développement des clubs sportifs
2. assurer la montée du niveau des athlètes.
Et pour atteindre ces impératifs, il y a une solution : recruter et former des jeunes, ceux-là même qui seront les pratiquants adultes de demain.

Alors la question est : comment initier en toute sécurité au combat à l’épée / bouclier, à l’épée deux mains, un enfant de 10 ans pour qu’il puisse, 8 ans plus tard, et s’il le souhaite, appliquer sa technique en armure ?

La solution nous vient de nouveau de l’Est : LA MOUSSE !

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Non non, pas celle-ci. Ça ne vient pas d’Allemagne, il faut voir encore plus à l’est : Russie.

Depuis 2011 une fédération internationale y a vu le jour, adossée à la fédération HMB (Historical Medieval Battle) et s’est donnée comme mission de codifier et d’organiser la pratique et les compétitions d’escrime moderne : l’International Federation of Modern Sword Fighting (ou IFMSF).

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Cette fédération définit le « soft swording » comme « un art martial présentant des combats entre compétiteurs utilisant du matériel sportif sécurisé – un simulateur d’épée (à une main ou à deux mains), un simulateur de bouclier (de type écu ou bocle) – fabriqué à base de matériaux modernes et reproduisant un équipement issu de la période médiévale. »

Il y a aujourd’hui plus de 3000 pratiquants de tout âge en Russie, dans 45 clubs.
Les autres pays pratiquant officiellement sont : Ukraine, Biélorussie, Pologne, Moldavie, Israel, Lituanie, Lettonie, Estonie, et Allemagne.
Ceux qui sont en contact avec l’IFMSF pour le développer chez eux sont : Royaume-Uni, Canada, USA, Pakistan, Italie, Argentine, Nouvelle Zélande et … France !


Équipement pour le « soft swording »

Tout, ou presque, l’équipement de béhourd est adapté sous forme de simulateur en mousse.

Ainsi nous avons les armes : épée une main et épée deux mains.

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Des tests sont actuellement en cours pour adapter les armes d’hast (si vous voulez voir un prototype : https://vk.com/video258289672_456239033)

Les boucliers sont spécifiques : soit de forme classique « écu » (photo) ou de type bocle.

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Les simulateurs offensifs et défensifs sont normés et doivent correspondre à des tailles et poids précis :

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Quant aux protections de corps, elles sont pour la plupart issues des différents sports de combats traditionnels asiatiques (plastron, bras, jambes, casque), avec une coquille / protection pelvienne, et des gants renforcés pour les mains.

Au final, ça donne ça :

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Les types de combats « soft sword »

Le règlement IFMSF précise que les combats sont ouverts à tous de 7 à 77 ans. Différentes catégories d’âges et éventuellement de poids sont mises en place. Les sexes sont séparés à partir de la catégorie minime (U13-U14).

  • Combats épée / bouclier : en fonction de l’âge des combattants, combats en 10 points ou sur 1 minute à 1 minute 30.
  • Combat épée / bocle : combat en 3 manches de 5 points.
  • Combat épée deux mains : combat en 3 manches de 5 points.
  • Combat épée une main : combat en 3 manches de 5 points.
  • Combat à deux épées : combat sur 30 secondes.
  • Triathlon : 3 combats selon les règles ci-dessus (épée / bouclier, épée une main ou deux mains selon les âges, épée / bocle).

Un autre type de combat original est proposé. Il se rapproche de la catégorie reine du béhourd : le 5 contre 5. Comme on est sur une pratique « douce », il n’y a pas de mise à terre par prise ou KO comme on le fait en armure. Ici on combat toujours à la touche avec deux principales règles :

1/ Un combattant a deux vies. Lorsqu’il a été touché deux fois, il doit mettre un genoux à terre et ne plus prendre part aux combats : il est éliminé.
2/ L’objectif n’est pas de vaincre physiquement l’équipe adverse, mais d’aller capturer leur drapeau et de la ramener dans son camp.

dsc_0959 D’autres photos sur Facebook.

Ce mode d’opposition parlera à ceux qui jouent en mode CTF aux jeux vidéos de type FPS. Pour les autres, qui n’ont pas compris la phrase précédente, voici une vidéo prise pendant le dernier championnat d’Europe :


Techniques et coups réglementaires

Les combats sont bien évidemment gérés par plusieurs arbitres. En général, un arbitre central contrôle la régularité des coups, les deux autres comptent les coups portés des deux combattants.

Dans le cas des 5 contre 5, si on veut faire les choses bien, il faudrait 11 arbitres !

silhouette Les zones de touches autorisées sont : la tête, le cou (sur les côtés), les épaules, le tronc, les bras, les mains, les hanches, les jambes.

Les zone de touches interdites sont : la nuque, la gorge, l’aine, les chevilles, les pieds.

Pour être valide, le coup doit être franc. C’est à dire non dévié par un mouvement défensif du combattant, accompagné d’un mouvement de bras ou de l’inertie du corps et porté par la moitié supérieur de l’épée (la touche avec le bas de l’épée ou la garde ne compte pas).

Autre point commun avec le béhourd et qui diffère grandement de l’escrime traditionnelle : l’estoc est interdit. Seuls les coups de taille sont autorisés.

Dans certaines catégories de combat, des zones valent plus que d’autres : tête et tronc peuvent alors rapporter deux points de touche.

Les coups de coudes, poings, genoux, pieds, tête sont interdits. Tout comme les coups de boucliers. Il est toutefois autorisé de faire pression sur l’adversaire avec son bouclier à plat, voire de le repousser avec son bouclier… mais toujours sans percussion.

Différents points de victoire ou points de pénalité sont proposés (victoire éclair, meilleure attaque, sortie de la zone de combat, chute, désarmement, faute provoquant une blessure…).


C’est sympa ce qu’ils font, à l’Est, mais chez nous ?

Deux freins principaux sont à lever en France :

  1. C’est une pratique nouvelle, donc méconnue. Il y a un travail de communication à réaliser. Par ailleurs, les clubs de béhourd sont encore pour la plupart récents. Si un groupe de jeunes adultes de 20-25 ans peut sans problème décider d’aller s’entraîner dans un champ ou une forêt, accueillir et encadrer des jeunes ne s’improvise pas de la même manière : sécurité, hygiène, encadrement… Tout cela demande des structures et des bénévoles sur lesquels s’adosser.
  2. Le matériel n’est que partiellement disponible en France. Et comme pour l’achat des armures de béhourd, c’est vers les pays des l’Est qu’on trouve les fabricants et revendeurs…

Pour ma part, j’ai commandé en Russie en mai 2015 deux équipements (épée, bouclier, casque) pour mon usage personnel : jouer avec mon enfant, m’entraîner avec un coéquipier.

Mais rapidement, l’idée de l’utiliser sur des fêtes médiévales est apparue plutôt bonne. Les épées-jouet en bois c’est sympa mais un enfant ne peut que faire semblant de combattre. Avec ce matériel en mousse, il peut réellement se mettre dans la peau d’un chevalier et FRAPPER. Évidemment le succès est là :

fete_medievale_tallende_2015-41-lespreuxmontacutins-fr Fête médiévale de Talende, 2015.

fete_medievale_saint_victor-b-lespreuxmontacutins-fr Fête médiévale de Saint Victor, 2015.

fete_medievale_issoire_2016-a-lespreuxmontacutins-fr Fête médiévale d’Issoire, 2016.

fete_medievale_montaigut-en-combraille_2016-26-lespreuxmontacutins-fr Fête médiévale de Montaigut-en-Combraille, 2016.

Quel enfant n’a jamais rêvé de jouer au chevalier ? Quel enfant n’a jamais joué avec une épée en bois, ou simplement un morceau de branche faisant office d’épée ? Maintenant on peut jouer au chevalier, pour de vrai, sans se faire mal, ni faire mal à son adversaire. Et en plus en y ajoutant un côté sportif, encadré, codifié, et permettant à chacun de progresser et de découvrir des techniques spécifiques !

Quand je vous disais que l’activité « soft sword » est 100% fun…

Il ne reste plus qu’à créer des clubs pour accompagnement le développement de ce nouveau sport. Ce qui ne saurait tarder !

D’ailleurs, si cette activité vous intéresse et que vous habitez le Puy-de-Dôme, envoyez moi vite un courriel, il y a quelques projets en cours : guillaume@lespreuxmontacutins.fr.

Vous pouvez aussi suivre et contribuer au développement de la pratique du soft swording en nous retrouvant sur le groupe Facebook « Le soft sword en France » !

Sieur Guillaume

Sieur Guillaume

Originaire de Montaigut-le-Blanc, je partage ici mes expériences médiévales.
Sieur Guillaume

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