La marche de l'histoire, France Inter, avec Jean Lebrun

Originaire de Montaigut-le-Blanc, je partage ici mes expériences médiévales.

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Cette semaine, du lundi 18 au vendredi 22 août 2014, l’excellente émission « La marche de l’histoire« , animée par Jean Lebrun sur France Inter est consacrée à l’histoire médiévale.

A ne pas manquer pour mettre à jour ses connaissances ! Voici la programmation et les liens vers les podcasts.

Il s’agit de rediffusion, comme souvent l’été, d’un ensemble d’émission consacrée au moyen-âge et haut moyen-âge qui ont été diffusées dans l’année.

 


 

Lundi 18 : « Les Arabes en France au VIIIe siècle »

>> à écouter dans les podcasts, avec Gabriel Martinez-Gros en invité.
En 711, le passage des Pyrénées. En 759, la chute de Narbonne, capitale de la cinquième province d’Al-Andalus. La période, courte, est documentée par peu de textes et encore moins de traces archéologiques mais elle est l’objet de nombreuses interprétations idéologiques.

Exemple. « Coran dans une main, cimeterre dans l’autre, ils envoient femmes et enfants en esclavage, ils sont des centaines de milliers d’arabes et de berbères, ils transforment les églises et les synagogues en mosquées. » Ces clichés ne sont pas issus d’une chronique hyperbolique du Moyen-Âge mais d’un livre tout récent qui se vend en piles dans les gares et où un comédien à succès – sans doute un « humoriste » de plus – prétend raconter l’histoire de « L’Hexagone« .

Ceux qui n’imaginent pas le passé de la France comme un bloc s’intéressent aussi de plus en plus à cette période. Ils constatent qu’il aurait pu se constituer un Occident musulman et se demandent jusqu’à quelles limites aurait été poussé le dar-el-islam ? Narbonne, certainement, en aurait été. Et, là, c’est un autre débat qui est agité par les tempéraments régionalistes : les habitants de notre futur Midi ne considéraient-ils pas, à l’époque, les Francs venus du Nord eux aussi comme des envahisseurs, à l’instar des musulmans ?

Ce n’est pas parce que les faits sont lointains que les ressentiments sont éteints.

 


 

Mardi 19 : « Charlemagne et la Renaissance carolingienne »

>> à écouter dans les podcasts, avec Michel Sot en invité.

C’est à Aix-la-Chapelle qu’il s’éteint, au bout d’un demi-siècle ou presque de règne. Très exactement le 28 janvier 814. Il est enterré aussitôt dans sa capitale. Une tradition veut qu’il ait été assis, « sur un fauteuil de marbre écaillé d’or et un  globe à la main« , précise Victor Hugo. Enterré assis, debout ? Eginhard, témoin de première main puisqu’il écrit dans les années 820, n’en dit rien. Il précise cependant que Charlemagne « mesurait sept fois la longueur de son pied » et, conclut-il, » bien qu’il eût un ventre assez proéminent, toute sa personne inspirait autorité et dignité… qu’il fût assis ou debout.« 

La tombe d’Aix a connu des fortunes diverses mais la construction de l’image de Charlemagne fabriquée par Eginhard et les autres acteurs de la Renaissance carolingienne a tenu bon. L’espace de l’empire était trop grand et trop divers pour durer; en revanche, l’effort fourni pour y établir des normes a perduré. Normes réglementaires issues de la chancellerie. Normes grammaticales et liturgiques issues du monde des clercs. Et normes mémorielles qui, mille deux cents ans après, fonctionnent toujours. Nous en sommes toujours avec Eginhard à interroger « la magnamitas » de Charlemagne.

 


 

Mercredi 20 : « Le Saint Louis de Jacques Le Goff »

>> à écouter dans les podcasts, avec de nombreux extraits d’entretiens avec Jacques Le Goff

Curieux de tout, il l’était évidemment de la radio: pendant près d’un demi-siècle, il produisit l’émission « Les lundis de l’histoire » pour France Culture. L’historien, pour lui, c’était un ogre : dès qu’il flairait de la chair humaine, il en faisait son gibier.

Il était l’homme du parcours cavalier, des grands panoramas. On ne l’attendait pas dans le rôle du biographe. Il décida pourtant de sculpter un Saint François et, d’abord, un Saint Louis. En ce qui concerne le roi, cela relevait de l’exploit. De Saint Louis, personne n’avais seulement songé à son époque à fixer les traits; ce n’était pas un individu au sens moderne : il obéissait aux canons du roi chrétien puis il en avait créé d’autres, ceux du saint roi; ses entrailles, ses os, son chef étaient devenus reliques mais quel être de chair et de sang avait-il été réellement ?

Dix ans durant, Le Goff tourna autour du modèle, scrutant les documents, cherchant les gestes, les propos qui sentaient le vrai. Et il produisit un monument de mille pages qui lui coûta d’ailleurs la santé.

Au moment de la parution en 1996, il donna des entretiens à André Velter, Laure Adler, Philippe Tesson : nous en avons rassemblé des extraits pour composer cette émission.

 


 

Jeudi 21 : « Le XIVème siècle en France »

>> à écouter dans les podcasts, avec Claude Gauvard en invité.

Illustration Philippe IV le Bel et sa famille
Philippe IV le Bel et sa famille – Miniature anonyme du XIVème siècle © BNF – 2013

En 1328, la très jeune fille du dernier des capétiens ayant été écartée et la haute aristocratie ayant donné de la voix, le comte de Valois devient roi sous le nom de Philippe VI.

Le passage d’une branche dynastique à une autre ne constitue pas une rupture. La difficulté vient bien davantage de la spirale de récession dans laquelle s’enfonce l’époque. Pestes récurrentes, récession de la production comme de la démographie. En réponse, une économie de guerre se met en place; les seigneurs peuvent y trouver profit, qui rêvent plaies, bosses et rançons. Mais les Valois, malheureux au combat, récoltent surtout des avanies:  Crécy 1346, Poitiers 1356 etc…

Cependant, quand l’insécurité affole, le pouvoir – dont la faiblesse est devenue criante – tient paradoxalement une chance de rebondir. Il est exigé de lui la restauration d’un bien commun. Charles V, le troisième des Valois, va se saisir de cette attente : quand il mourra, il aura renouvelé les moyens d’action et la réputation de la monarchie.

Vive la crise?

 


Vendredi 22 : « Anne de Bretagne »

>> à écouter dans les podcasts, avec Jean Kerhervé en invité.

L’union à la France demeure encore largement ressentie en Bretagne comme une absorption. En 1932, les premiers autonomistes firent même sauter la sculpture qui la célébrait sur la façade de l’Hotel de Ville de Rennes et, depuis, la niche qui l’abritait est vide.

La sculpture représentait Anne de Bretagne, devenue, et par deux fois, reine de France offrant son duché au royaume. C’était l’interprétation qui était donnée du geste  qui heurtait car la duchesse, elle, passait depuis longtemps pour une figure de résistance. Peu à peu s’était construite dans la mémoire la figure d’une duchesse qui aurait été aussi proche de ses chers bretons que distante de la France.

Cette vision relève largement du mythe mais elle convient parfaitement à la Bretagne d’aujourd’hui qui voit son destin comme celui d’une nation invisible dans une indépendance relative. Aussi le 500ème anniversaire de la mort d’Anne -elle a été inhumée à Saint-Denis le 16 février 1514 – est-il accompagné d’innombrables manifestations et évènements à travers la péninsule. Et il n’est pas impossible que son ombre plane dimanche sur le prochain rassemblement contre Notre-Dame des Landes dans sa bonne ville de Nantes.

Sieur Guillaume

Sieur Guillaume

Originaire de Montaigut-le-Blanc, je partage ici mes expériences médiévales.
Sieur Guillaume

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Laisser un commentaire

Login with your Social ID

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *