Tournoi "Le Choc des Fers" : combat médiéval, les duels épée deux mains

Originaire de Montaigut-le-Blanc, je partage ici mes expériences médiévales.

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Dernière étape dans le compte-rendu du tournoi de combat médiéval « Le Choc des Fers » avec cette fois les combats à l’épée deux mains et le béhourd de clôture durant lequel l’équipe espagnole tentera de conquérir le Château de Murol !

Précédement :
1. Compte-rendu 1ère journée : le tournoi de béhourd
2. Compte-rendu 2e journée : les combats à l’arme d’hast et en pro-fight
3. Compte-rendu 2e journée : les combats épée-bouclier

Dimanche 24 août : le tournoi « épée deux mains »

Plus de bouclier pour se protéger ou bloquer l’adversaire, une belle allonge pour frapper fort et deux mains à coordonner pour manier l’arme : c’est l’épée longue, ou épée deux mains.

Quatre combattants se sont présentés dans cette catégorie :

Alexis Colin (Rodeur de l’Odan)
Florian Piquet (Bannerets d’Auvergne)
Hugues Lafon (Confrérie des Loups)
Nicolas Rossignol (Bannerets d’Auvergne)
Rémi Pironin (Bannerets d’Auvergne)

 

1/ Nicolas Rossignol (gambison noir) / Rémi Pironin (gambison blanc)

Deux membres des Bannerets d’Auvergne s’affrontent sur ce premier combat.
Ni Rémi, ni Nicolas ne sont des habitués du 1 contre 1, ils préfèrent le 5 vs 5 ou les mêlées. Ils se sont inscrits pour faire le nombre sur le tournoi à l’épée longue.

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Pourtant cette catégorie n’est pas pour leur déplaire. Nicolas est un passionné de l’épée deux mains, « l’arme la plus noble de [son] point de vue « . Mais la passion ne vaut pas la pratique, et Rémi prend l’avantage assez rapidement « parce que j’ai un peu plus d’expérience que lui dans le combat médiéval  » nous explique-t-il.

Nicolas Rossignol VS Rémi Pironin : 2-12 1-8

Malheureusement, déjà blessé aux doigts la veille, Nicolas se reprend un coup pendant le combat et préfère se retirer du tournoi « avant de [se] faire trop mal« .

 

 2/ Alexis Colin (vert) / Florian Piquet (bleu et rouge) :

Alexis, après avoir fait ses premiers combats à l’épée-bouclier, teste cette arme : « L’épée à deux mains est une arme plutôt complexe à utiliser car là, l’épée sert à l’attaque et à la défense en même temps. Donc on ne peut pas lancer une attaque et garder son bouclier comme protection. On est vraiment ouvert, il faut donc beaucoup de technique et de rapidité…  »

Florian aime bien l’épée deux mains. « Je me sens le plus à l’aise en duel et j’aime beaucoup mon arme, aussi bien sur le plan esthétique que technique : j’ai une assez grande allonge par rapport à d’autres épées deux main, elle très maniable, bien équilibré… » Et quel plus bel hommage à une arme que de s’en servir pour frapper joyeusement son adversaire ?

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Sur ce combat, Florian pense déjà aux suivants : « J’essayais surtout de ne pas trop m’épuiser, car je n’ai pas encore l’endurance nécessaire pour le 1vs1, donc dès que je sentais que j’avais un peu d’avance je n’allais pas chercher la touche pour ne pas m’épuiser. « 

Ce premier combat pour Alexis a été éprouvant. « Je n’ai pas compris comment je n’ai pu marquer que trois touches lors du premier round. Alors que je le touche évidement bien d’autres fois… Mais encore une fois, l’expérience a joué. « 

Alexis Colin VS Florian Piquet : 3-11 6-7

 

Malheureusement, l’équipement d’Alexis montre des fatigues après les combats épée-bouclier. Impossible de réparer correctement sa genouillère : Alexis est contraint à l’abandon. « J’ai décidé d’arrêté là après avoir pris quelques coups dans l’espace où ma genouillère aurait du être. La sécurité avant tout !  »
Déçu de devoir abandonner, mais fier d’avoir participé à ce tournoi : « C’était pour moi une victoire que de le faire ! « 

 

 3/ Rémi Pironin (bleu et rouge) / Hugues Lafon (blanc et bleu) :

Alors qu’il dominait déjà le tournoi épée-bouclier, Hugues fait son premier combat en tournoi à l’épée deux mains. Belle expérience : « Je me suis vraiment fait plaisir. J’en fais jamais, donc c’est cool !« 

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Rémi Pironin VS Hugues Lafon : 8-17 8-16

 

4/ Hugues Lafon (bleu et blanc) / Florian Piquet (bleu et rouge)  :

Hugues, très content de son premier match, se fait de nouveau bien plaisir sur ce combat : « mon adversaire en voulait ! Et ça, j’aime. « 

Florian en voulait, en effet, mais pouvait-il faire autrement ? « Hugues est très énergique, très présent sur le terrain, donc pas le choix faut y aller ^^  »

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Florian s’entraîne depuis un an au 1 contre 1 : « au niveau technique ça commence à venir mais en endurance pas trop…  »
Le combat est équilibré, beaucoup de touches, mais les deux combattants se rendent coup pour coup. Le premier round est remporté de peu par Hugues. Mais dans la deuxième manche, le gant de Florian casse… impossible de le réparer rapidement, et il n’y a plus de gant disponible chez les autres combattants ! Il faut dire qu’il y a eu déjà beaucoup de combats aujourd’hui, et le matériel a déjà bien souffert.

Et c’est donc avec de gros regrets que Florian est contraint à l’abandon.

Florian Piquet vs Hugues Lafon : 20-18 .-.

 

 

Classement :

1- Hugues Lafon (2 victoires)
2- Florian Piquet et Rémi Pirolin (ex-aequo avec 1 victoire chacun)
4- Alexis Colin et Nicolas Rossignol (ex-aequo avec 0 victoire chacun)

Avec deux combattants en moins, le tournoi épée deux mains tourne court : il manque 6 matchs ! Les organisateurs décident de passer directement à la finale.

Florian et Rémi sont à égalité, mais comme Florian est inscrit au grand tournoi de Montbazon mi-septembre, Rémi lui laisse la place afin qu’il puisse continuer à se préparer. Respect.

 

FINALE : Florian Piquet / Hugues Lafon

Florian et Hugues se retrouvent donc sur cette finale, qui a un goût de revanche après le match inachevé. Le gant de Florian est réparé. Tout va bien.

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Pourtant on sent Florian décrocher petit à petit… La fatigue se fait sentir : « Je regrette de ne pas avoir d’endurance car je pense que j’aurais pu avoir le dessus sur Hugues en final, qui avait enchaîné pas mal de combat sur la journée. »

Du côté de Hugues, c’est une fois de plus la stratégie qui fait la différence. Florian analyse : « Hugues venait beaucoup au corps à corps, je pense que c’est parce qu’il a vu lors du premier combat qu’à distance, j’avais un peu plus d’allonge par rapport à lui et que j’arrivais à lui mettre des points. Alors il se mettait au corps à corps dès qu’il voyait qu’il avait l’avantage pour me fatiguer et pour que j’arrête de marquer des points. »
Florian est très content de son épée longue qui lui donne un avantage à distance, mais qui devient un handicap en combat rapproché… Le dilem est posé pour son prochain combat à l’épée deux mains.

Florian Piquet vs Hugues Lafon : 16-20 11-20

 

 

Ainsi, Hugues remporte ce tournoi, juste après le concours épée-bouclier. Une belle performance, pour un grand combattant !

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Et une nouvelle médaille autour du coup, et une nouvelle épée neuve à la main.

 

 

 

Béhourd de clôture : la prise du château !

Cela semble être un classique des tournois de béhourd : la prise de la place forte accueillant l’événement. Aujourd’hui, ce sont donc les Bannerets d’Auvergne qui vont défendre le château de Murol face aux assaillants venus d’Espagne (renforcés par Johan Collin, des Rodeur de l’Odan).

Mais l’attaque commence bizarrement, avec un duel des plus dangereux entre un Banneret et un Espagnol !

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Combat remporté par le défenseur suite à la casse de l’arme de son assaillant :

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Prévue comme une grande mêlée en 12 contre 12, la prise du château se transforme en un simple 3 contre 3… Après deux jours de combats, les chevaliers sont fatigués, certains ont par ailleurs du regagner leurs provinces d’origine. C’est donc à un combat rapidement terminé que nous assistons.

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Pourtant bénéficiant de l’avantage de la garnison (un combattant a du être remplacé suite à un problème sur son armure), par deux fois les Bannerets sont battus par leurs adversaires : le Château de Murol tombe aux mains des Espagnols !!

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Bannerets vs Espagne : 0-2 0-2

 

 

Conclusion

Vincent Salesse, dirigeant de l’agence Organicom qui gère le château est très content de l’événement. Les visiteurs ont répondu présent, surtout le dimanche, ce qui permet au Château de Murol de rentrer dans ses frais. Il faut dire que le Château a bien fait les choses : prise en charge du déplacement, de l’hébergement et la restauration des combattants, construction de la lice et achat des prix. Un partenariat appréciable pour Auvergne Béhourd qui a pu bénéficier d’un accueil parfait et se concentrer sur l’organisation du tournoi sportif.

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A mon niveau, je ne connaissais de la chevalerie à pied que les démonstrations de combats chorégraphiés qui sont habituelles sur les fêtes médiévales, mais bien souvent surjouées et irréalistes.
Hier et aujourd’hui, cela n’avait rien à voir : j’ai assisté à une véritable compétition sportive, où l’on sentait l’engagement physique et l’esprit de gagne.

Le full contact médiéval est un art martial occidental qui mérite d’être développé et connu. On y retrouve les valeurs de respect et de solidarité, comme en témoignent les propos de Jean-Philippe Longo : « Aquila est vraiment déterminée à tout gagner, mes coéquipiers de la Compagnie des Loups également, c’est tous des bons gars et je suis très fier de combattre contre ces types et je serai très fier de les avoir à mes cotés dans n’importe quelle mêlée. »

Le combat de Lancelot contre Gauvain
Le combat de Lancelot contre Gauvain

Je tiens à remercier Mathieu Gans, président d’Auvergne Béhourd, et tous les combattants pour leur accueil. Les échanges que j’ai pu avoir avec eux pendant et après cet événement ont été particulièrement intéressant pour le néophyte que je suis.

Je suis arrivé en me disant que ça devait être sympa à voir comme activité.

J’en suis reparti avec l’envie forte de m’y mettre moi-même le plus rapidement possible.

Bien que n’ayant jamais sauté en parachute, je vais suivre les conseils de Jean-Philippe : « Entrer dans le béhourd, c‘est comme le saut en parachute, il faut arrêter de tergiverser « j’y vais j’y vais pas » mais se motiver à participer le plus tôt possible, même en civil pour apprendre tous ensemble, progresser et bien sûr passer de bons moments avec les camarades . C’est ça la bonne mentalité je pense. C’est très long d’acquérir une armure et le meilleur conseil que je puisse donner aux débutant c’est d’être à fond, de foncer pour acheter un bon équipement, de se jeter dans la lice et de montrer qu’en France, il y a des gars qui en veulent. La France est le pays de la chevalerie, je pense que c’est notre devoir de montrer que l’on en est toujours dignes. « 

Je laisse les derniers mots à Guillaume Longo : « Dans le béhourd français, on est quasiment tous amis, alors ça motive pas vraiment pour se taper sur la gueule !  »

Allez, pour vous faire plaisir, je vais être très chiant, comme ça vous pourrez me taper dessus sans scrupule ! Mais attention hein : je compte bien rendre les coups.

 

Un grand merci à Alexis, Florian, Nicolas, Hugues, Rémi, Jean-Philippe et Guillaume pour leurs témoignages !

Sieur Guillaume

Sieur Guillaume

Originaire de Montaigut-le-Blanc, je partage ici mes expériences médiévales.
Sieur Guillaume

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